Zammit Denis

Trouver un passage qui relie le monde visible au monde subtil. Comme une traversée. C’est le chemin entre ces deux mondes, si une frontière ou une rupture les séparent réellement, que j’essaie de tracer et d’emprunter de toiles en toiles.

Le paysage, qu’il soit minéral, végétal, aquatique et même humain, est un espace donné que l’on traverse, que l’on arpente physiquement ou seulement par le regard. Ainsi cet espace choisi imprime notre mémoire de manière subtile. C’est l’impression de cette observation, c’est ce qu’il en reste, qui m’intéresse et que j’aimerais montrer. Une image en devenir, en transformation. L’instantané d’une empreinte entre apparition et disparition.

Techniquement, les pigments naturels, l’encre, la cendre, le brou de noix, la cire, le papier marouflé, l’acrylique sont les médiums que j’utilise. Travaillés sur papier, sur toile ou sur bois pour les volumes. Leur capacité à générer un dialogue entre geste contrôlé, intention et retour aléatoire est dans la continuité de mon approche, tournée vers l’émerveillement de ce qui nous entoure et qui nous constitue.

Dans un monde où les images sont consommées toujours plus et plus vite, la rencontre avec l’œuvre, ne peut avoir lieu que dans un retour au temps long. En se laissant imprégner par ce que l’on regarde. Dans une interaction sensitive avec les tableaux ou les sculptures qui s’offrent au regardeur. Une perception propre à chacune et à chacun pour pénétrer peut-être dans ces paysages intérieurs.

Denis