PERON Sezny

J’utilise l’ardoise des toits. J’aime leur bleu aux nuances affinées par les ans,

J’aime leurs lignes de surfaces, leur vibration dans le tranchant, J’aime leur dureté de roche, leur fragilité de feuille. Je les place dans un environnement sobre, noir, les incitant à créer des chemins, des creux, des vides, des flux, des souffles internes.

« Le noir est son territoire habité, et même les lumières qui frappent l’ardoise, sa matière vive, sont opaques. “Partir du noir, sortir du trou, et taper dans la matière“. Sezny Peron trouble à l’infini le cadre rigoureux d’une forme primitive initiale. Il travaillait naguère, en taille directe, le bois que sculptait son père ébéniste. Des statuettes en ronde bosse. Puis l’abstraction s’est approchée. Et l’ardoise est venue, née d’anciennes carrières des Montagnes Noires de Bretagne… “Certaines ardoises ont vécu, et viennent de toits d’hommes, après contact du vent, de la pluie et du gel“. Matière et mémoire humaine s’étreignent à vif dans ces œuvres tranchées au scalpel. Art d’élan, de lignes, et d’ouverture, avec des structures linéaires parfois implacables, parfois fragiles, “qui vacillent et qui vibrent“. Sezny Peron part d’une structure initiale apparemment simple, ou plutôt simplifiée, pour ensuite la perturber subtilement, sans jamais la bouleverser. Le chaos n’est pas son fort, et chez lui, la création dit et respecte l’énigme de la création… »

Extrait de « Le noir est son territoire » de Christian Noorbergen