Le travail se fait au sol, en surplomb.
La palette est réduite au noir et au blanc, de la peinture acrylique pour le blanc, de la laque glycéro pour le noir, parfois de la peinture en bombe.
Le noir et le blanc ménagent le trouble, l’indistinction des espaces proposés.
Aucun support visuel ne préside directement à la réalisation de mes peintures.
Mon attention portée à la nature au cours de longues marches quotidiennes, comme ma curiosité pour la peinture de paysage vont constituer un ensemble de références.
Il s’agit d’une retranscription, d’une traduction. La restitution n’est jamais descriptive, je m’autorise toutes les approximations.
Le réel est tenu à distance, affleurant par moment dans la vraisemblance que peut produire la conjonction de la mémoire, du geste et du hasard.
Il s‘agit de paysages de peinture.
Des systèmes sont mis en place, affirmés, contredits.
Dans la remise en jeu de compositions récurrentes, chaque peinture avance par variations, décalages et glissements.
La matérialité m‘importe, je ne cherche pas à produire des images, mais des objets convoquant des images.
Chez moi l’humain fait face à la peinture, il n’y est pas figuré.
Chaque tableau est une zone interstitielle qui conserve les traces de mon passage et constitue un lieu de transition et d’échange entre mon regard et celui de chacun.

