Comment incarner dans son art l’endroit qui nous accueille et où nous vivons ? Les œuvres de Jeanne Bonnefoy-Mercuriali tentent de rendre présent le pays, la société et la culture qu’elle habite ou a habité.
C’est l’artisanat traditionnel et utilitaire qui est le point de départ d’une démarche commencée depuis plus de vingt ans. Aussi bien pendant ses études de mouleur que dans l’ensemble de ses voyages au Moyen-Orient : la poterie et la vannerie ont été des inspirations fondamentales. Comment investir ces traditions ? Quel élément choisir et développer ensuite pour investir le champ de la création artistique contemporaine ? Les œuvres de Jeanne Bonnefoy-Mercuriali, véritables sculptures gardent toujours un souvenir de l’utilitaire, une trace de leur fonction première.
Le motif de l’anse, large, libre et fragile est le fruit de son séjour à Jérusalem. Il fait suite à un travail de restauration de pièces antiques à l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem et aux échanges avec les potiers palestiniens de la ville d’Hébron. Jeanne Bonnefoy-Mercuriali travailla en effet en étroite collaboration avec eux, modela la terre des collines environnantes et cuit sur place sa production. Les corps des pièces de la série “Jeux d’anses” sont nés d’une recherche de formes simples et archétypales inspirées des jarres antiques. Les anses sont alors des éléments graphiques, venant découper l’espace et organiser des vides autour du corps de la pièce, avec élégance ou humour.

