Des territoires, fragments de temps, de nature et d’architecture viennent peupler aujourd’hui mon travail de sculpture.
Mes recherches se sont d’abord attachées à interroger les limites de nos paysages contemporains, ces zones de transition où les frontières entre urbain et rural se brouillent, ces espaces intermédiaires instables et en mutation, mêlant nature et culture. Plus récemment, mon attention s’est déplacée vers la notion de fragment : fragments du temps à travers les ruines, qui interrogent notre réalité présente entre patrimoine et ruine anticipée ; fragments de territoire en construction avec les chantiers, ces espaces transitoires où se manifeste la tension entre transformation du paysage et désir humain d’édifier, remettant en question l’homme bâtisseur, toujours en quête d’appropriation de la nature.
En dialogue constant avec les paysages qui m’entourent, mes sculptures élaborent des territoires imaginaires où architectures et formes végétales coexistent. Les paysages représentés semblent suspendus dans un moment d’incertitude : ils pourraient aussi bien se développer, se densifier ou, au contraire, se dégrader et disparaître.
Le verre, avec sa translucidité et sa fragilité, renforce l’idée d’un état précaire et en mutation. Une réflexion s’ouvre alors sur notre capacité à imaginer l’avenir des territoires que nous habitons, entre construction, transformation et possible effacement.
Pauline

