KURAMATSU Yoko

Ni peints ni imprimés, les motifs sont teintés dans la masse de la porcelaine. Je colore ma porcelaine avec des pigments de couleurs, puis modèle des motifs, morceau par morceau, ligne par ligne. J’assemble ces motifs, les tranche et les assemble à nouveau… pour aboutir au motif final.

Puis je lui donne une forme avec un moule en plâtre. La cuisson se fait au four électrique.

C’est une technique assez longue qui produit beaucoup de chutes de porcelaine quand on compose les motifs. Il y a également beaucoup de casses, en raison des nombreux assemblages et des fréquentes manipulations que la porcelaine n’apprécie guère.

Mais en même temps, j’aimerais être une céramiste qui maîtrise la matière, les couleurs et les formes, une professionnelle ayant un très bon niveau technique et qui sait en plus créer des émotions.

Pour cela, je continue à me perfectionner en Nerikomi, avec la porcelaine, ma spécialité.

Dans mes créations, il y a un côté très mathématique, mais aussi quand je crée les Tsugi (patchwork), après avoir préparé différents motifs et les avoir tranchés, je me laisse aller, mes mains bougent. Pour certaines pièces, je ne me souviens pas vraiment comment je les ai réalisées, et je me laisse surprendre par les résultats.

Quand une de mes pièces évoque quelque chose à quelqu’un, cela me touche en retour.

Et quand une de mes pièces fait parler le visiteur, entre amis, en famille, cela me touche aussi.

C’est un grand bonheur pour moi.