Inspirée notamment par l’œuvre du sculpteur Eduardo Chillida, Mathilde s’attache à comprendre la dynamique interne des matériaux, cherchant le point d’équilibre entre la force de sa main, prolongement de tout son corps, et la résistance de la matière : sentir le désir qu’elle peut avoir d’aller dans le sens qui lui est proposé, ou de s’y opposer.
La ductilité de l’acier s’allie ainsi à la force du béton pour donner naissance à des pièces sculpturales, puissantes et fluides, dynamiques et évidentes, qui auraient poussé là. Il s’agit de trouver un enracinement naturel à ces masses pour permettre leur élévation libre, construire une géométrie à dimensions humaines, trouver une respiration des vides qui donne vie aux pleins. Il faut mettre de l’espace à l’intérieur pour permettre aux volumes d’équilibrer leur poids, de se débarrasser des problèmes de l’inertie pour libérer leur capacité d’expansion.
Sculptrice au regard d’architecte, Mathilde veut créer des volumes en dialogue avec leur environnement architectural ou naturel, créer un espace dont on puisse faire l’expérience sensible et physique à la fois, par l’esprit et par tout le corps. Où le dialogue des formes entre elles et avec notre être est plus important que les formes elles-mêmes.
Quand on s’approche des sculptures de Mathilde, qu’elles nous enveloppent, nous sommes happés par tout un monde de grains de matière, de marques de travail, de vie végétale ou animale qui s’est installée là et de nouveaux paysages s’ouvrent encore à explorer.

